Cher Journal,
On ne se connaît pas encore et pourtant j’ai déjà tapé sur mon clavier pour rédiger des articles sur le blog de Nuageo mais dans les autres thématiques.
Je suis arrivée début février mais je n’ai pas pris le soin de me présenter à toi. Je t’ai remarqué, ne te vexe pas, mais j’étais occupée à démarrer mon nouveau poste de communicante chez Nuageo.
Aujourd’hui, et pour mon premier billet ici, j’ai envie de te parler d’une idée de sujet qui serait drôle de mettre en ligne ici sur cette nouvelle page que j’écris avec toi et de l’envoyer aux robots de Google.
Je ne sais pas trop comment il va l’accueillir, enfin plutôt comment vont l’accueillir les utilisateurs mais ça se tente.
L’IA dans la société actuelle
Tu le sais inévitablement, nous sommes entrés dans une ère digitale complètement démentielle depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle. Avant nous, les humains, étions déjà bien connectés au monde digital entre Google, les réseaux sociaux et nos applications sur smartphones. Mais depuis 2022, on est dans une autre dimension. Les usages que l’on essayait de rendre Smart et conscients avec Nuageo ne sont aujourd’hui dictés que par les orientations massives et poussées de l’IA dans les organisations. Or, cette technologie est encore plus destructrice que celle du Web telle qu’on l’a connue dans les 20 dernières années. Elle représente un vrai rouleau compresseur et pas seulement pour l’environnement.
Alors je m’interroge sur ces personnes qui ont décidé de ne pas suivre le mouvement voire qui font un usage très limité des technologies numériques. Idée saugrenue ? Je te dirai probablement mais je suis un brin curieuse et ce genre de questionnement n’est pas des plus anodins chez moi.
Pas que je sois réfractaire à l’idée de prendre le train en marche car je sais qu’il en va de mon devenir dans le milieu de la communication, mais juste parce que je n’aime pas trop cette idée de suivre pour suivre si tu vois ce que je veux dire.
Bref je ferme la parenthèse.
Laisse-moi te dire que les personnes dont je veux parler aujourd’hui sur cette page existent réellement. Non, non, tout le monde n’est pas devenu ultra-connecté !
Les chiffres de l’IA
Pour donner un peu de contexte, je te partage quelques pourcentages correspondant à l’impact environnemental de l’IA. Ces chiffres ont été énoncés par Théo Alves Da Costa spécialiste de l’informatique et animateur de l’association Data for Good dans un article du média de l’écologie, Reporterre, paru le 2 juin 2026, donc tout récemment.
1,5 % c’est le pourcentage d’électricité mondiale captée par l’industrie de l’IA
En 2030 il est estimé à 3 ou 4% et dans certains États jusqu’à 20% voire 30%.
Théo raconte dans cet article que la demande de l’IAg (g pour générative) croît de façon exponentielle parce que le nombre de personnes l’utilisant est en train d’exploser. Le problème que l’on rencontre depuis plusieurs années est une crise énergétique inquiétante donc il va devenir complexe de continuer à utiliser l’IA telle qu’on l’utilise aujourd’hui et telle que l’on entrevoit de l’utiliser d’ici 4 ans (pour parler d’un futur proche).
Les profils de ceux qui refusent ou limitent l’usage de l’IA dans un contexte professionnel et personnel
1 – les sceptiques éthiques et humanistes
Certains utilisateurs comme ceux qui sont, par exemple, présents sur la plateforme Reddit rejettent l’IA générative la considérant comme négative pour l’être-humain, appauvrissant la pensée critique, menaçant l’intelligence des humains et la création artistique authentique. Ils ne sont pas d’accord de déléguer leur pouvoir de réflexion ou de créativité à des algorithmes par crainte d’indistinction entre l’humain et la machine.
2 – les utilisateurs occasionnels ou ignorants
D’après une étude menée par l’Université d’Oxford et par Reuters Institute en 2024, il est démontré que 20 à 30% des personnes interrogées en France ne connaissent pas d’outils d’IA conversationnels. La majorité n’a aucun avis là-dessus car elle ne l’utilise tout simplement pas. En général, il s’agit de personnes qui ne se sentent pas concernées par le flot d’informations circulant à propos de la technologie et donc des technologies numériques telles que l’intelligence artificielle.
3 – les travailleurs non-formés à l’IA ou contraints de devoir l’utiliser
En janvier 2026 le blog codelynx.dev a publié un article dans lequel est dit, après étude des données de l’INSEE et de l’IFOP (Institut Français d’Opinion Publique), que :
- 45% de la population française utilise l’IA de façon quotidienne.
- 73% des travailleurs disent ne pas être compétents pour s’en servir par faute de moyen.
- 10% des entreprises françaises utilisent l’IA (INSEE 2024) et il s’agit d’entreprises comptabilisant plus de 250 employés ou bien d’entreprises dans l’IT.
À noter que les 35 ans et plus représentent 31% de la population à utiliser l’IA et 34% l’utilisent en zones rurales.
En conclusion de ce paragraphe, on peut dire qu’il existe encore pas mal de personnes qui ne se sentent pas concernées par l’IA et les modèles de langage que nous utilisons dans les organisations et dans un contexte privé. Est-ce que la tendance risque de s’inverser d’ici 2 ou 3 ans ? Je serais d’avis de dire que tout ce qui est nouveau mérite d’être analysé après quelque temps. Réellement, je m’interroge sur la pérennité de l’IA notamment au vue de la crise énergétique que nous traversons mais j’imagine que le mix énergétique sera la solution universelle et qu’ils trouveront les moyens de la déployer pour construire de plus en plus d’infrastructures de stockage et de calcul des données.
Les Français et les Françaises qui ont dit non aux technologies du numérique
C’est une réalité cher journal : il reste encore des personnes en France qui n’utilisent pas les outils numériques soit parce qu’elles ne le souhaitent pas soit parce que des facteurs font qu’elles ne peuvent s’en servir.
Ici j’avais envie de me concentrer sur celles qui ne le souhaitent pas. En vérité, ça suscite ma curiosité parce que je suis constamment connectée aux outils numériques – et à Internet de manière plus générale – afin de mener à bien mes différentes missions ainsi que pour le côté perso et je me demande comment est-ce possible de s’en passer et pourquoi. J’aurais sans doute des choses à y apprendre en répondant à cette question.
L’IA n’est pas ma tasse de thé bien que j’y trouve en son usage un côté pratique pour gagner du temps, je te l’accorde. À moi par exemple, elle me fait peur, pour bien des choses et je suis plutôt du genre à prendre du recul, encore plus lorsqu’il s’agit d’un phénomène planétaire qui redistribue les cartes de l’économie sous toutes ses formes.
Sache que près de la moitié des Français et des Françaises de plus de 15 ans n’est pas à l’aise avec les outils numériques selon une étude de l’Insee de 2024 publiée en novembre 2025. Cela représente 46% de la population française.
Qu’est-ce qui freine encore certaines personnes à utiliser les nouvelles technologies ?
Eh bien, la peur de se sentir décrédibilisé en tant qu’humain. J’ai pris connaissance d’un article récent de l’ISATECH paru en 2025 qui me plaît bien car j’y ai appris une histoire intéressante en lien avec le monde du travail spécifiquement.
Les faits se sont passés en Angleterre au début du 19è siècle. Certains ouvriers tisserands sabotaient des métiers à tisser modernes après que leur direction leur ait imposé de les utiliser. Cela s’est déroulé en 1780 et c’est un seul ouvrier qui a sonné la révolte “Ned Ludd” avant d’embarquer quelques autres collègues et de devenir le porte-drapeau de cette contestation. Cette révolte, il la revendiquait en laissant des courriers à sa direction. Les “luddites” (la révolte s’est vue devenir un mouvement) marquaient déjà, il y a donc plusieurs centaines d’années, une opposition assumée aux outils de travail partiellement automatisés.
Les nouvelles technologies et leur exposition, sans que nous y soyons préparés, peuvent provoquer des peurs. Ses dernières se sont manifestées chez certaines personnes par le passé et refont surface plusieurs années plus tard. Cette émotion peut se développer chez les plus sceptiques et les plus réfractaires qui se sentent menacés. Pour un être-humain se sentir dépossédé de ses compétences, de son savoir-faire, c’est perturbant, dérangeant, confrontant.
La question qui est revenue très souvent lorsque l’usage des outils numériques et du Web étaient à leur apogée, et un peu plus maintenant avec l’essor de l’intelligence artificielle, est : “Mais à quoi je sers maintenant ?” ou bien “En quoi je reste encore compétent ou compétente ?”.
C’est tout à fait normal de se poser ce genre de question. Le tout sera de savoir de quelle manière on peut continuer à être utile et pour cela il faut amener le sujet sur la table.
Provoquer les échanges pour construire ensemble un monde technologique qui convient à tout un chacun
Si on reste dans la sphère du milieu professionnel, à titre d’exemple chez Nuageo de par son modèle permaentreprise – dont le premier principe fondateur est “prendre soin des humains” – et de par le premier enjeu défini par l’ensemble de l’équipe (passée et actuelle) qui est “être attentif au bien-être des collaborateurs et des collaboratrices”, il est primordial d’engager des échanges allant dans ce sens.
Aujourd’hui avec l’arrivée de l’IA, se trame la possibilité de l’intégrer à nos étapes de production dans le cadre de nos missions respectives et pour différentes tâches. Mais à aucun moment l’IA est imposée. On en parle, on se sensibilise, on tente de se projeter, on travaille là-dessus et tout le monde est invité à donner son point de vue, c’est smart.
Petite parenthèse, un article de blog a été publié la semaine sur le fonctionnement du modèle permaentreprise version Nuageo dans lequel sont repris les 3 principes fondateurs de Nuageo, ses enjeux et actions. Nos rapports de mission ont aussi été mis en ligne sur notre site si tu souhaites en savoir plus.
Je vais conclure cet article en ne retenant qu’une seule chose : il n’est pas incompatible de faire sans les nouvelles technologies dans le monde qui se dessine depuis une dizaine d’années maintenant.
En effet, si l’on veut se replacer au centre de toutes les décisions, on peut être libre de choisir le fonctionnement qui nous correspond le mieux, avec ou sans les robots.
Non, l’être humain n’est pas désuet. Non, il n’est pas dépossédé de ses capacités intellectuelles. Et oui on peut composer avec celle ou celui qui choisit de faire absolument tout avec une IA que ce soit au travail ou à la maison. Quand l’un délégue à l’IA (ou à une autre technologie numérique) l’autre peut se concentrer sur une de ses compétences (pour le coup humaine) et développer une idée ou une action en parallèle dans laquelle il ou elle serait bon, pertinent et tout naturellement intelligent ou intelligente.
Cher Journal, ce sera tout pour moi.
Et vous qui lisez mon écrit, êtes-vous d’accord avec ma conclusion et mon avis ?
Merci de m’avoir lue et de partager si l’idée de ce sujet vous a plu.
Julie