Nouvel article dans notre blog Nuageo avec aujourd’hui un sujet qui a eu le vent en poupe après 2020 : le concept (ou la démarche) numérique responsable.
L’objectif ici est de se situer dans le temps par rapport à l’initiative de départ, d’en connaître son développement et enfin de voir ce qu’il en reste aujourd’hui, notamment dans nos régions.
Enfin, nous vous proposons d’imaginer des perspectives de ce que pourrait devenir le numérique responsable dans la société actuelle et tout ce qui la compose.
C’est parti !
Définir ce qu’est le numérique responsable
Le numérique responsable tout d’abord est une approche, un concept ou bien une démarche. Les trois se valent. Une organisation qu’elle soit privée ou publique peut adopter cette démarche dans un souci de réduction de ses impacts (à différents niveaux) en lien avec les usages quotidiens qu’elle fait des outils numériques et technologiques ainsi que dans son rapport au matériel informatique.
À quel moment et pourquoi est survenue cette initiative ?
Quelque temps avant 2010, 2008 pour être précis, la notion de “sobriété numérique” est lancée par le collectif GreenIT existant depuis 2004 devenu en 2022 l’association de loi 1901 “GreenIT”. Le collectif constitué de bénévoles experts avait pour but d’orienter l’usage intensif et sans limites du numérique vers un usage respectueux des limites planétaires et aussi humaines.
C’est en 2014 que le terme “sobriété numérique” est remplacé par celui de “numérique responsable”, qui lui, englobe toute démarche, interne à une organisation, contribuant à réduire significativement l’empreinte laissée par nos habitudes de consommation du numérique.
4 ans plus tard, en 2018, l’Institut du Numérique Responsable naît et à partir de ce moment-là une structure s’installe pour accompagner, notamment par la formation, toutes les organisations désireuses de travailler sur cet axe-là.
Que met-on derrière le terme numérique responsable de façon perceptible ?
Le numérique responsable consiste à réfléchir et à mettre en oeuvre des solutions (ou des alternatives) faisant en sorte que l’usage que nous faisons du numérique, et de ses différentes technologies, soit et reste le moins impactant possible pour la planète et qu’il puisse être un outil au service de l’être humain et non l’inverse.
Faisons un petit tour des alternatives qui ont déjà fait leurs preuves dans les 6 dernières années :
1 – cadre législatif et obligations légales
2020 > Loi AGEC
- affichage de l’indice de réparabilité (changé par durabilité en 2024)
- interdiction de l’obsolescence logicielle
- allongement de la durée de vie des produits et obligation pour les fabricants de fournir les pièces détachées pendant 5 ans
2021 > Loi REEN vise à réduire l’empreinte environnementale du numérique en
- créant un observatoire des impacts (voir la page de l’ARCEP qui en parle)
- intégrant le numérique responsable dans l’enseignement
- imposant aux collectivités de plus de 50 000 habitants de proposer et de développer un plan d’action NR
2 – engagement de l’État et des collectivités
- Mission Interministérielle Numérique ÉcoResponsable (MiNumEco) : pilotée par la DINUM (Direction Interministérielle du NUMérique) et le Ministère de la Transition Écologique, elle vise à réduire de 22% l’empreinte environnementale des services publics d’ici 2027 (demain quoi).
Parmi les objectifs du numérique public : développer le numérique responsable, allonger la durée de vie du matériel, suivre les performances des centres de données, approvisionner le parc informatique des ministères de 20% de matériel de seconde main, faire don du matériel informatique de moins de 10 ans à hauteur de 50% de sa totalité
Afin de mener à bien ces objectifs, les agents publics ont suivi – ou suivent – des formations au préalable notamment en écoconception et achats publics. L’État a publié un référentiel pour l’écoconception des services numériques intégrant systématiquement les critères environnementaux dans ses achats afin de favoriser le réemploi et la sobriété énergétique des logiciels.
Le numérique responsable vu sous le prisme du bien-être et du respect des êtres humains
Souvent on ne pense pas que le numérique provoque des impacts sur l’environnement, à part peut-être pour le matériel. Pourtant c’est bien le cas. Alors, imaginez l’impact que nos habitudes peuvent avoir comme effets sur les populations. Vous ne voyez pas ? On vous explique.
Premièrement, le numérique n’est pas immatériel. Nous avons besoin d’infrastructures physiques pour pouvoir obtenir ce que l’on souhaite des services du numérique que l’on utilise au quotidien. Une recherche sur Google demande de faire fonctionner un serveur installé dans un centre de données et un centre de données demande de la place, beaucoup de place. Place que l’on enlève à une terre nourricière par exemple sur laquelle quelques personnes pourraient travailler et en utiliser les ressources pour se nourrir. C’est un exemple parmi tant d’autres.
La dimension humaine du numérique responsable est non-négligeable. Il en va du respect des droits humains fondamentaux et de leur bien-être face aux impacts sociétaux et éthiques des technologies.
Voici 4 piliers de l’approche Numérique Responsable essentiels pour pouvoir concilier innovation et dignité humaine
- La protection des droits et de la vie privée :
Le numérique responsable garantit le respect de la vie privée, la sécurité des données personnelles et la lutte contre les discriminations.
- Conditions humaines et responsabilité sociale :
Un exemple parmi d’autres : limiter l’exploitation des mines de cobalt situées dans des pays défavorisés où les travailleurs et travailleuses sont exposés à des risques pour leur santé pouvant entraîner des maladies graves. De plus, ils et elles sont complètement exploités comme c’est le cas de l’activité des chaînes de production.
- Santé mentale :
Stress de l’hyperconnexion, troubles du sommeil, dépendance aux écrans, etc .. font partie des risques dû à une utilisation irraisonnée du numérique que l’approche numérique responsable vise à traiter.
- Réduction de l’empreinte sociale et économique du numérique par la mise à disposition pour tous et pour toutes d’équipements réutilisables ou réparables afin de faire du numérique un véritable outil d’inclusion.
Les initiatives numérique responsable dans nos régions, ça donne quoi ?
Chez Nuageo nous sommes 7 et sommes disséminés dans quatres régions. Allons faire un petit tour de chacune de nos régions respectives pour savoir ce qu’il s’y passe sur le volet numérique responsable.
Le numérique responsable vu par la Région Nouvelle-Aquitaine
En 2026 la région N-AQ poursuit sa stratégie de numérique responsable structurée autour du pôle de compétitivité ENTER, de l’aide à l’innovation numérique responsable et de la formation d’ambassadeurs.
Lancé en juin 2024, le pôle compétitivité ENTER “Excellence Numérique au service des Transitions Environnementales et Responsables” est le projet porté par les clusters Digital Aquitaine et Nouvelle-Aquitaine Open Source. Il se veut être le partenaire des entreprises pour développer la démarche numérique responsable au service de l’accélération des grandes transitions de notre époque. Ce pôle de compétitivité fait partie des 55 pôles labellisés par l’État et ce depuis 2023.
Son but : répondre aux fluctuations induites par l’intelligence artificielle, la génération massive de données et l’omniprésence du numérique ainsi que de son empreinte écologique et sociétale.
Pour aller plus loin, voici le lien de l’article qui parle du pôle de compétitivité ENTER : l’actualité NR de la région Nouvelle-Aquitaine
Le numérique responsable en Région Pays de la Loire
La démarche NR de la région Pays de la Loire s’articule autour d’une intégration progressive des critères environnementaux dans les aides régionales et une stabilisation du marché de l’emploi numérique centrée sur l’éco-conception.
Pour développer la démarche numérique responsable, la région a mis en place des dispositifs d’aide aux entreprises notamment le PDLIN (Pays de la Loire Investissement Numérique) grâce auquel les petites entreprises de moins de 50 salariés peuvent acquérir des solutions numériques éco-conçues (sous réserve de validation par le prestataire) et bénéficier d’une aide majorée à 40%.
Parmi les acteurs clés de la démarche numérique responsable installés sur le territoire Pays de la Loire mobilisant leurs réseaux pour diffuser les bonnes pratiques et soutenir l’innovation durable nous avons :
- ADN Ouest : principal acteur du réseau numérique du grand ouest (600 membres) qui agit en tant qu’animateur d’une communauté dédiée à la sobriété numérique et qui diffuse des observatoires sur la maturité responsable de la filière.
- Chambre de Commerce et d’Industrie des Pays de la Loire qui elle propose des diagnostics approfondis et un diagnostic rapide à réaliser en ligne pour aider les entreprises à évaluer et réduire leur impact carbone lié au numérique.
- Les “lycées 4.0” projet intégrant une dimension environnementale et durable dans les infrastructures numériques scolaires.
La Région Ile-de-France et le numérique responsable
En mars 2025, la région IDF a adopté une stratégie “Numérique et intelligence artificielle responsable” structurée autour de 4 axes principaux :
- le numérique inclusif et accessible à tous et à toutes,
- un numérique sobre pour une Région limitant son impact sur l’environnement,
- un numérique éthique, souverain et de confiance au service du territoire,
- un numérique respectueux de la santé mentale des Franciliennes et des Franciliens.
Cette stratégie compte également 4 initiatives principales :
- inclusion et accessibilité,
- numérique sobre et circulaire,
- cybersécurité et protection des données,
- santé mentale et dépendance numérique.
Vous pouvez tout lire dans les détails sur ce lien : La Région IDF et sa stratégie NR
La Métropole Rouen-Normandie, collectivité pionnière du Numérique Responsable
La Métropole Rouen Normandie et la Ville de Rouen ont élaboré une feuille de route sur le numérique responsable, véritable boussole de leurs actions en la matière. Cette feuille de route vise à intégrer les principes de durabilité dans toutes les dimensions du numérique : de la conception des infrastructures à l’utilisation quotidienne des outils numériques. Elle repose sur plusieurs axes stratégiques, tels que la réduction de l’empreinte carbone des équipements, la promotion de l’inclusion numérique et la sensibilisation des citoyens aux bonnes pratiques. Le Comité du Numérique, rattaché au Conseil de développement de la Métropole, s’est activement impliqué dans cette démarche.
En savoir plus ici : Le numérique responsable en région normande
Le Numérique Responsable à l’avenir
Évidemment l’évolution de l’approche numérique responsable a un lien direct avec l’arrivée et le déploiement des IAg notamment dans les organisations. L’approche évoluera en étant pilotée par la mesure des impacts et l’Intelligence Artificielle vers une transformation stratégique intégrée. Trois points synthétiques :
- Intégration de l’IA responsable : gouvernance des usages de l’IA qui devient un objectif n°1 afin de limiter la forte consommation énergétique liée aux requêtes et à prévenir les risques de “shadow IT” (utilisation de l’IA de manière intempestive sans cadre pré-établi par la direction de l’entreprise).
- Pilotage par la donnée : faire de la sobriété numérique un levier de productivité et de réduction des coûts grâce à des outils de mesure précis d’empreinte carbone et économique.
- Culture d’entreprise : former et nommer des référents pour sensibiliser les collaborateurs et les collaboratrices à la sobriété numérique tout en prolongeant la durée de vie des équipements.
Nous pourrions aborder l’évolution de la démarche numérique responsable par rapport à l’IA dans un prochain article.
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Pour clore cet article, nous pouvons dire que le numérique responsable en France a bien été déployé par les Régions que nous avons décidé de prendre en exemple et que les acteurs régionaux poursuivent le développement de cette démarche à leur échelle.
Toutefois, il sera intéressant de réévaluer ces pratiques déjà significatives pour anticiper davantage les impacts de l’usage de l’intelligence artificielle qui n’a fait que s’amplifier ces 4 dernières années.
Connaissez-vous d’autres périmètres d’actions numérique responsable dans votre région ou dans une autre région que celle où vous résidez ?